SIMON- PIERRE GONGO

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BURKINA FASO: Le collectif dit non au non lieu du dossier Norbert ZONGO

Samedi 13 février, quelques milliers de burkinabè étaient dans les rues pour exiger la réouverture du dossier Norbert ZONGO, du nom de ce journaliste assassiné le 13 décembre 1998. A Ouagadougou la capitale, les militants du collectif contre l'impunité ont marché.

En ligne de cinq, ils se sont attrapés les mains. Encadrés par les organisateurs, les militants ont faits quelques kilomètres à pieds. Avec des banderoles hostiles au régime en place, ils reprenaient par moment un chant en cœur : "non au non lieu du dossier Norbert ZONGO"! Des brassards noirs synonymes du deuil au Burkina, entourent les bras. Des tee- sirt scannés à l'image du journaliste assassiné et calciné, enfilés par certains, une liste circule dans la foule pour demander une pétition de 25000 signatures avec laquelle ils disent faire pression pour la réouverture du dossier. Les organisateurs parlent des milliers de personnes, un motif de satisfaction pour eux, dix ans après le Drame de SAPOUY, une ville située à une centaine de kilomètre de Ouagadougou au sud du pays.

Un concert au bout de la marche

Sur un podium dressé entre deux tentes, un orateur venu spécialement du Mali introduit des artistes. Il faits des commentaires, soulève les cris des foules sous un soleil accablants de l'ancienne place de la révolution devenue place de la nation, un endroit au cœur de la ville. Les artistes unis pour le dossier Norbert et ses trois compagnons sont là. Ce sont les vedettes de la journée. A leur tête le rappeur SMOKEY et le célèbre animateur d'une émission reggae populaire dans une radio de la place SAMSK le JAH. Ils ont assassinés Norbert disent-ils, ils ont ensuite parlé de non lieu mais tôt où tard la justice paraitra selon leur conviction. Une foule enthousiaste reprend les chants des artistes en cœur. Tout cela, sous le regard de la veuve ZONGO, ravie de la mobilisation autour d'elle. Les jeunes sautent au son de la musique. Ils dansent et lancent des injures contre le pouvoir et les médias publics.

Et le dossier en question?

En 1998 le rapport du comité d'enquête indépendant avait conclu que le journaliste fondateur du journal hebdomadaire l'indépendant a été assassiné suite à son enquête sur la mort de David OURDRAOGO, le chauffeur de François COMPAORE, le frère cadet du président du FASO. Depuis quelques personnes ont été arrêtées mais relaxées suite à des manques de preuves. Un non lieu sera dit par la suite et le dossier est resté pendant à nos jours. En 2007, des révélations sont faites. Robert Menard, secrétaire général de reporters sans frontière, membre de la commission d'enquête en 1998 revient à la charge. Le journal l'événement de son coté, mais traduit en justice par François COMPAORE.  Jusqu'aujourd'hui rien de plus. Cependant le dossier n'est pas clos officiellement se défend-t-on dans les coulisses du pouvoir. Les victimes pensent le contraire. Le duel est tendu.



16/12/2008
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